top of page

Étude de marché : la méthode SEO pour valider votre projet avant d'investir

Photo du rédacteur: Cedric Lagarde
Cedric Lagarde
9 oct. 2024
9 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 sept.

Combien de business plans ai-je vus avec des chiffres de marché tirés d'une étude sectorielle payée 2 000 €, vieille de trois ans, et qui ne dit rien de la demande dans un rayon de trente kilomètres autour de chez vous ? Beaucoup trop.


Après trois entreprises créées, une revendue, et plus de 400 entrepreneurs accompagnés comme mentor, je suis arrivé à une conviction simple : les données de recherche Google sont l'étude de marché la plus honnête, la plus fraîche et la moins chère dont vous disposez. Elles ne remplacent pas tout, mais elles répondent à la question que personne d'autre ne traite correctement, à savoir combien de personnes cherchent activement ce que vous voulez vendre, et avec quelles mots.


Voici la méthode que j'applique, en cinq étapes, avec les outils et les limites.


Pourquoi une étude de marché classique passe à côté de l'essentiel


L'étude de marché traditionnelle repose sur trois sources : les données sectorielles publiées, les entretiens qualitatifs, et le questionnaire. Chacune a un défaut structurel.


  • Les données sectorielles sont agrégées et datées. Elles décrivent un marché national à l'année N moins deux. Elles ne vous disent rien de la demande dans le Pays d'Aix en ce moment.

  • Les entretiens sont biaisés par la politesse. Interrogez dix proches sur votre idée, neuf vous encourageront. Ce n'est pas de la donnée, c'est du soutien affectif.

  • Le questionnaire mesure l'intention déclarée, pas l'intention réelle. « Seriez-vous prêt à payer 80 € pour ce service ? » obtient toujours plus de oui que la réalité n'en produit.


La recherche Google n'a aucun de ces défauts. Personne ne tape une requête pour faire plaisir à quelqu'un. Une recherche est une intention exprimée sans filtre social, à un instant daté, dans un lieu identifié. C'est la donnée comportementale la plus propre à laquelle un entrepreneur ait accès gratuitement.


La méthode en cinq étapes


Étape 1 : lister les mots que vos clients emploient réellement


Pas les mots de votre métier. Les leurs. C'est la nuance qui change tout, et c'est l'étape où la plupart des projets découvrent qu'ils parlaient dans le vide.


Concrètement : tapez votre offre dans Google et relevez les suggestions d'autocomplétion, puis les questions du bloc « Autres questions posées », puis les recherches associées en bas de page. Faites la même chose sur trois ou quatre formulations différentes. En vingt minutes et sans aucun outil payant, vous obtenez cinquante à cent expressions réelles.


Screenshot recherches associés pour la requête "massage aix en provence"

Ajoutez-y les mots que vos concurrents emploient dans leurs titres de pages, et les questions qui reviennent dans les avis Google de votre secteur. Les avis clients sont une mine sous-exploitée : les gens y décrivent leur problème avec leurs propres mots, pas avec le jargon de la profession.


Étape 2 : mesurer la demande réelle


Chaque expression de votre liste a un volume de recherche mensuel mesurable. Vous pouvez l'obtenir avec Ubersuggest, avec le Planificateur de mots-clés de Google Ads, ou avec les versions gratuites limitées de Semrush et Ahrefs.


Trois précautions apprises à mes dépens :

  • Les volumes hyper-locaux sont sous-estimés par tous les outils. Une requête comme « ostéopathe Les Milles » affichera souvent zéro alors qu'elle existe. Sur du local, considérez l'absence de volume comme une absence de mesure, pas comme une absence de demande.

  • Regardez la saisonnalité, pas seulement la moyenne. Un volume moyen de 300 par mois peut cacher 2 000 en juin et 20 en janvier. Ça change tout sur votre trésorerie prévisionnelle.

  • Additionnez la famille, pas la requête reine. Personne ne vit d'un seul mot-clé. Ce qui compte, c'est le cumul des trente ou quarante expressions qui décrivent le même besoin.


page mot clés recherchés sur l'outil SEO Ubersuggest

Étape 3 : lire l'intention derrière chaque requête


Un volume sans intention ne vaut rien. Quatre familles à distinguer, et vous les reconnaissez en regardant simplement ce que Google affiche en réponse :

  • Informationnelle. La SERP est remplie d'articles et de guides. La personne s'informe, elle n'achète pas encore.

  • Commerciale. Comparatifs, classements, avis. La personne compare des solutions, elle est en train de choisir.

  • Transactionnelle. Pages de vente, boutons de réservation, annonces payantes nombreuses. La personne veut acheter maintenant.

  • Navigationnelle. Elle cherche une marque précise. Sans intérêt pour vous, sauf si c'est la vôtre.


Le ratio entre ces familles vous dit beaucoup sur la maturité de votre marché. Un marché où tout est informationnel est un marché en cours d'éducation : le cycle de vente sera long et il faudra beaucoup de contenu. Un marché massivement transactionnel est un marché mûr, donc concurrentiel, où il faudra un différenciant fort ou du budget.


Étape 4 : mesurer la concurrence réelle, pas le score d'un outil


Tous les outils affichent un indice de difficulté. Ne vous y fiez pas seul : ces scores sous-estiment régulièrement la difficulté réelle sur les requêtes commerciales, et ils ignorent complètement ce qui occupe l'écran.


Ouvrez la SERP et comptez ce qui vous vole les clics avant le premier résultat naturel : un Pack Local à trois entreprises, quatre annonces payantes, un aperçu généré par IA, un carrousel d'images, un bloc de questions. Sur une requête locale, il n'est pas rare qu'il reste moins d'un tiers des clics pour l'ensemble des résultats organiques.


Regardez ensuite qui occupe le top 5. Des annuaires et des places de marché ? La place est prenable, ce sont des pages génériques. Des concurrents directs avec des sites solides et des centaines d'avis ? Changez d'angle.


onglet suivi concurrents sur ubersuggest

Étape 5 : chiffrer le marché réellement captable


C'est l'étape que personne ne fait, et c'est celle qui transforme une liste de mots-clés en prévisionnel. Le calcul tient en trois multiplications : volume mensuel, taux de clic selon la position visée, puis taux de conversion de votre site.


Pour vous donner des ordres de grandeur fiables (même si cela peut fortement varier selon la requête), voici ce que rapporte une requête à 1 000 recherches mensuelles selon la position atteinte :


  • Position 1 : environ 304 clics par mois, soit 30 % du volume.

  • Position 3 : environ 97 clics, soit moins de 10 %.

  • Position 5 : environ 47 clics.

  • Position 10 : environ 11 clics, soit 1 % du volume.


Retenez la marche entre la première et la troisième place : vous perdez les deux tiers du trafic en descendant de deux rangs. C'est pour cette raison qu'un marché où vous ne pouvez raisonnablement pas viser le top 3 n'est pas un marché pour vous, quel que soit son volume affiché.


Appliquez ensuite un taux de conversion réaliste. Sur du service en B2B local, une fourchette de 2 à 5 % de demandes de contact est un point de départ raisonnable. Multipliez par votre panier moyen et vous obtenez enfin un chiffre défendable devant un banquier, construit sur du comportement observé et non sur une projection sectorielle.


Un cas concret : quand les données sont mal comprises


Un praticien du bien-être me contacte, convaincu que ses prospects cherchent « massage relaxant Aix-en-Provence ». Il avait construit tout son site, sa plaquette et son discours commercial autour de cette idée.


L'analyse des requêtes a montré autre chose. Le volume principal se trouvait sur « douleurs dos solutions naturelles » et « comment soulager tensions cervicales ». Deux angles radicalement différents du sien. Ses clients ne cherchaient pas de la détente, ils cherchaient à ne plus avoir mal. Ce n'est pas la même promesse, ce n'est pas le même persona, et surtout ce n'est pas le même prix acceptable : on paie plus cher pour supprimer une douleur que pour se détendre.


Il n'a pas changé de métier. Il a changé sa porte d'entrée : des contenus sur la douleur, qui amènent ensuite vers ses prestations. C'est exactement la logique que nous avons appliquée pour une agence de trek, détaillée dans notre étude de cas SEO et GEO, où le positionnement gagnant n'était pas sur le produit mais sur la raison profonde du voyage.


Ce genre de découverte est inconfortable. Elle est aussi ce qui vous évite de brûler deux ans et vos économies sur une promesse que personne ne cherche.


Combien ça coûte, comparé à une étude classique


Une étude de marché sectorielle achetée coûte entre 1 500 et 4 000 €. Une étude de marché commandée à un cabinet, plusieurs milliers d'euros de plus.


La méthode décrite ici vous coûte : zéro euro si vous la faites vous-même avec les outils gratuits et deux ou trois jours de votre temps, ou entre 400 et 800 € si vous la faites réaliser dans le cadre d'un audit SEO complet. Dans les deux cas, vous obtenez des données actualisées ce mois-ci et géolocalisées sur votre zone réelle.


Si vous avez déjà reçu des devis pour une étude ou pour un accompagnement digital, faites-les nous analyser gratuitement avant de signer.


Les limites de la méthode, dites honnêtement


Je ne vais pas vous vendre l'idée que les données de recherche remplacent une étude de marché complète. Elles ne le font pas, et voici précisément où elles s'arrêtent.

  • Elles ne mesurent que la demande exprimée. Un besoin que personne ne sait encore nommer n'apparaît dans aucun outil. Si vous créez une catégorie nouvelle, cette méthode vous dira zéro et elle aura tort.

  • Elles ne disent rien du prix acceptable. Le volume vous dit combien de gens cherchent, pas combien ils sont prêts à payer. Pour ça, il faut parler à de vraies personnes.

  • Elles ignorent le bouche-à-oreille et la prescription. Dans certains métiers, notamment la santé et le conseil haut de gamme, l'essentiel du chiffre ne passe jamais par un moteur de recherche.

  • Elles ne mesurent pas votre capacité à exécuter. Un marché accessible sur le papier ne l'est pas si vous n'avez ni le temps ni le budget de produire le contenu nécessaire.


La bonne pratique consiste à croiser : les données de recherche pour dimensionner et pour éviter les angles morts, puis cinq à dix entretiens réels pour valider le prix et la promesse. C'est ce que nous faisons dans notre accompagnement entrepreneur, où le premier travail est presque toujours de confronter l'idée de départ à ce que le marché cherche vraiment.


Après le lancement : la Search Console comme tableau de bord de marché


Une fois votre site en ligne, la Google Search Console cesse d'être un outil technique pour devenir un instrument de veille commerciale. Je l'utilise autant pour ça que pour le référencement.

  • Les impressions montent sur une famille de requêtes ? Soit le marché grandit, soit votre positionnement commence à être compris. Dans les deux cas, c'est le moment d'appuyer.

  • Le taux de clic s'effondre à position stable ? Votre titre et votre description ne correspondent plus à l'attente du moment. Souvent le signe que votre offre a évolué sans que vos pages suivent.

  • Des requêtes inattendues apparaissent ? C'est le signal le plus précieux. Plusieurs fois, des requêtes émergentes m'ont alerté sur un besoin nouveau chez des clients avant que ce besoin ne se formule en demande explicite.


Regardez ces données une fois par mois, pas tous les jours. Le SEO produit des signaux lents, et la sur-observation mène à des décisions précipitées.


onglet performances de la GSC

Questions fréquentes


Peut-on faire une étude de marché uniquement avec les données SEO ?

Non. Elles dimensionnent la demande exprimée et révèlent le vocabulaire réel de vos clients, ce qui est déjà énorme. Mais elles ne valident ni le prix, ni la promesse, ni la faisabilité. Comptez-les comme la moitié quantitative du travail, et complétez par des entretiens.


Quels outils gratuits suffisent pour démarrer ?

L'autocomplétion Google, le bloc « Autres questions posées », les recherches associées, le Planificateur de mots-clés de Google Ads avec un compte publicitaire même inactif, Google Trends pour la saisonnalité, et la Search Console dès que vous avez un site. C'est suffisant pour une première évaluation sérieuse.


Combien de temps prend cette analyse ?

Deux à trois jours pour la faire correctement soi-même sur un projet local. Une journée si vous vous limitez aux vingt requêtes principales, ce qui est un point de départ acceptable pour décider si le projet mérite d'aller plus loin.


Et si mon marché n'existe pas encore sur Google ?

Deux lectures possibles, et il faut savoir les distinguer. Soit le besoin n'existe pas, soit il existe mais les gens le formulent autrement. Testez systématiquement les formulations du problème avant de conclure : très souvent, la demande est là, cachée derrière un vocabulaire que vous n'aviez pas envisagé.


Est-ce que ça marche pour un commerce physique ?

Oui, avec une réserve importante. Sur le local, les volumes affichés par les outils sont systématiquement sous-évalués et le Pack Local capte une grande partie des clics. Complétez par les données de Google Business Profile, qui vous donnent le nombre réel de recherches ayant fait apparaître votre fiche.


Ce qu'il faut retenir


Le SEO n'est pas seulement un canal d'acquisition. C'est le seul outil qui vous donne accès, gratuitement et en temps réel, aux mots exacts que vos futurs clients emploient pour décrire leur problème. Utilisé avant le lancement, il vous évite de construire une offre que personne ne cherche. Utilisé après, il vous prévient quand votre positionnement commence à décrocher.


Si vous êtes en train de valider un projet, notre accompagnement entrepreneur commence toujours par ce travail. Si votre site existe déjà et que vous voulez savoir ce que les données disent de votre marché, parlons-en via notre page consultant SEO à Aix-en-Provence. Et si vous en êtes à l'étape d'avant, celle du doute, lisez plutôt notre article sur comment se lancer avec un projet réaliste.

bottom of page